4. L'Éditeur : ses fonctions

Sélectionner les auteurs et les textes Préparer la fabrication Faire connaître le livre

 

 

 

Traditionnellement on distingue trois fonctions de l'éditeur, qui s'incarnent dans des services différents (ou pour un éditeur « artisanal » qui se résument à des temps de travail distincts). Un éditeur sélectionne des textes pour la publication, il les met en forme et les fait imprimer, enfin il les commercialise.               



C'est par la sélection que l'acte éditorial relève de la création

Sélectionner les auteurs et les textes

Sélectionner les auteurs et les textes constitue l'opération essentielle de l'éditeur celle qui donnera à sa maison l'image de marque qui va le caractériser aux yeux de son public. C'est en cela que l'acte éditorial relève de la création : par le choix de ses auteurs, l'éditeur crée un fonds dont le reflet sera son catalogue. C'est aussi par ses choix esthétiques ou idéologiques qu'il attirera les nouveaux écrivains qui enrichiront sa production éditoriale.               

Sur cette question de la sélection des textes, il convient d'opérer une distinction entre les livres qui relèvent essentiellement du domaine de la littérature et parfois des sciences humaines, et les livres documentaires, vecteurs d'informations et de connaissances. Pour les premiers, il faut savoir apprécier le réel talent des candidats à la publication et choisir parmi le nombre impressionnant des manuscrits spontanément envoyés – (entre trois et six mille manuscrits arrivent chaque année chez les grands éditeurs parisiens). La sélection s'effectue généralement par tris successifs, le premier permettant d'éliminer immédiatement ceux dont le manque d'intérêt et les défauts sont évidents. Des lecteurs-pigistes extérieurs (du moins dans les grandes et les moyennes maisons), établissent ensuite un rapport de lecture plus ou moins circonstancié sur les textes qui ont survécu à cette première sélection. L'ultime décision est alors prise par le responsable de la maison, après consultation, le cas échéant, d’un comité de lecture (celui de Gallimard est célèbre) ou d’un comité éditorial, comités auxquels participent aujourd’hui les responsables commerciaux des entreprises.

 

On affirme parfois aujourd'hui, Hubert Nyssen notamment, que vu le grand nombre d'éditeurs auxquels peuvent s'adresser les candidats à la publication, tout texte de qualité trouve inévitablement son éditeur. Pourtant un écrivain comme Paul Fournel, ancien Président de la Société des gens de lettres déplore volontiers la relative disparition des comités de lecture due au phénomène de concentration ; d'autres soulignent le pouvoir croissant pris par les "commerciaux" de l'édition qui souvent font barrage pour éviter la publication d'œuvres innovantes. En effet, le talent seul n'est pas toujours pris en compte ; des œuvres neuves, déroutantes, essuient parfois plusieurs refus avant leur publication : ce fut le cas, hier pour Samuel Beckett, plus récemment pour Christian Gailly avant que Jérôme Lindon, des Éditions de Minuit, accepte de les éditer. Et de nombreux écrivains d’aujourd’hui pourraient témoigner des refus qu’ils rencontrèrent.

 

 
Samuel Beckett, prix Nobel de Littérature a vu son travail refusé par de nombreux éditeurs.
Christian Gailly est édité aux Édition de Minuit
Les prix littéraires

A visiter : le site de
l'Académie Goncourt

 

Le grand moment pour la parution des romans est la rentrée d'automne, avant la remise des prix littéraires dont les grands -Académie française, Goncourt, Renaudot, Femina, Médicis- qui a lieu en novembre. Depuis une dizaine d'années, cette période voit apparaître des records de parutions littéraires (727 romans dont 466 romans français entre la dernière semaine d’août et le début novembre 2007, année record et encore 654 titres – dont 435 français pour la même période de 2011) avec une proportion de premiers romans fort importante. Parmi ces premiers romans, certains connaîtront un succès immédiat : ce fut, par exemple, le cas des Champs d'honneur de Jean Rouaud, qui obtenait le prix Goncourt en 1990 ou encore pour Truismes de Marie Darieussecq en 1996 ou Les Bienveillantes de Jonathan Littell en 2007 ou encore L'art français de la guerre d’Alexis Jenni en 2011. Mais il ne faut pas se cacher que de tels exemples sont en proportion exceptionnels, que la plupart de ces “premiers romanciers” tomberont dans l'oubli et que, pour les autres, il faudra avoir fait paraître plusieurs ouvrages avant d'atteindre l'attention des critiques littéraires et d’un premier noyau de lecteurs fidèles puis d'obtenir la faveur du public. Cela explique que, dans une édition littéraire traditionnelle, ce n’était pas sur un titre mais sur une œuvre qu’un éditeur pariait, ce qui justifiait que le premier contrat signé entre les deux partenaires prévoyait souvent un “droit de préférence” (l'auteur devait soumettre à son éditeur ses futurs manuscrits). Cette fidélité entre auteurs et éditeurs est aujourd’hui bien contestée par les évolutions économiques : si le premier roman devient un argument publicitaire, auquel la critique porte une attention importante, inversement, les éditeurs sont rares à aujourd’hui se battre pour des auteurs ou des œuvres qui ne rencontrent pas rapidement leur public.     

 

 

Jean Rouaud, lauréat du prix Goncourt en 1990 pour les Champs d'honneur, son premier roman.

   
 

 

En revanche, les écrivains à succès sont évidemment largement sollicités par les concurrents de leur maison d'origine, en particulier par les maison appartenant à des groupes puissants capables de leur offrir des à-valoir - avances sur les droits d’auteur présumés de leur(s) prochain(s) livre(s) – ce qui explique que l'on trouve parfois leur œuvre dispersée entre plusieurs éditeurs (c'est le cas de Françoise Sagan et, dans un autre domaine, celui de François de Closets) ou que les petites maisons servent de vivier d’expérimentation dont les auteurs sont ensuite repris (Djian, Bobin, Ravalec, Houellebecq ou Holder... pour ne donner que quelques noms) ont ainsi été lancés par de petites structures avant de figurer aujourd’hui aux catalogues de grands éditeurs.

Mais, qu'il s'agisse d'un écrivain débutant ou d'un écrivain confirmé, le rôle de l'éditeur (ou plutôt de l'editor ) ne se limite pas à la prise de décision : premier lecteur du manuscrit ou de son ébauche, l'éditeur en accompagne la rédaction, sait donner à l'auteur les conseils utiles, lui redonner courage en cas de difficultés, en un mot agit conformément à l'étymologie de son nom (le latin edo signifie aider à la naissance) : on a parlé à propos de Françoise Verny, surnommée "la papesse de l'édition" qui a marqué de son action les éditions Grasset, Flammarion et Gallimard, de son talent "d'accoucheuse d'écrivains".
80 % des documentaires sont des ouvrages de commande. Pour la seconde catégorie d'ouvrages, les documentaires, il s'agit le plus souvent d'ouvrages de commande (ce serait le cas d'environ 80 % d'entre eux, d'après certaines estimations), paraissant dans des collections bien ciblées.

Choisi par le directeur de la maison en raison de ses compétences dans un domaine donné et de sa notoriété dans le milieu professionnel correspondant, le directeur de collection définit les caractéristiques et le niveau des ouvrages à publier, en arrête la présentation matérielle, sélectionne les auteurs, suit l'élaboration des textes et leur réception auprès du public visé. Les premiers ouvrages sont évidemment choisis avec le plus grand soin dans la mesure où ils serviront de “locomotive” pour ceux qui prendront leur suite : ce n'est pas pour autant qu'un bibliothécaire achètera systématiquement les titres d'une collection sans s'informer sur chacun d'entre eux, leur valeur pouvant être bien inégale. Cependant le phénomène “collection” offre des avantages indiscutables : unité du thème et de la présentation, économie quant à la conception matérielle (la maquette ayant été définie au préalable). La collection est enfin un vecteur publicitaire indéniable : certains, dans le grand public, connaissent d'ailleurs mieux les collections que les éditeurs de celles-ci (que l'on songe à l'image de marque très forte des Que sais-je ?, la doyenne des collections encyclopédiques créée en 1941, dont la conception et la présentation ont bien peu varié au fil des années jusqu’aux innovations récentes de 1995 - avec l'introduction (non poursuivie) d'illustrations en couleurs dans certains volumes - et surtout de 2001 puis 2009 avec la création de toutes nouvelles maquettes).

 

 

 Mais pour cette recherche des auteurs et des textes, dans le domaine littéraire comme dans le domaine documentaire, on ne saurait se limiter au domaine strictement français : l'éditeur se doit également de faire connaître les œuvres étrangères qui se révèlent importantes  Il doit donc s'informer sur tout ce qui se passe hors de nos frontières, participer aux foires et aux salons internationaux, acheter les droits qui lui permettront de faire traduire et publier des ouvrages étrangers (avec un risque non négligeable, les sensibilités pouvant se révéler bien différentes d'un pays à l'autre). On pourra remarquer que, parmi les éditeurs les plus récents, nombreux sont ceux qui, en raison de leur formation, de leur goût ou de leur histoire personnelle, ont choisi de se spécialiser dans la littérature ou la civilisation de régions assez peu représentées chez les éditeurs ayant déjà pignon sur rue (c'est le cas par exemple de Philippe Picquier pour l’Asie). Cette stratégie de niche correspond également, notons-le, à des nécessités économiques.

Dans tous les cas, une fois prise la décision de publier, les deux parties - auteur et éditeur - signent un contrat qui définit leurs droits et devoirs respectifs, le premier tirage envisagé, le mode de rémunération de l'auteur (pourcentage, dans la plupart des cas, forfait s'il s'agit de manuel scolaire ou de participation à un ouvrage collectif, dictionnaire ou encyclopédie).

Ce travail éditorial peut évidemment être le fait d’une personne unique dans le cadre d’une structure petite ou artisanale, personne qui va imprimer une marque et une cohérence éditoriale forte à sa politique d’édition, à ses choix (on peut évidemment penser à Jérôme Lindon des Éditions de Minuit, à Paul Otchakovsky-Laurens aux éditions POL, à Georges Monti des Éditions du Temps qu’il fait, etc. Dans le cadre d’une importante entreprise être le travail de sélection ou de commande et de définition des collections sera le produit de plusieurs niveaux d’intervenants et plusieurs métiers. Les responsables financiers d’un groupe d’édition (les « publishers » pour reprendre la distinction anglaise entre ceux qui ont la responsabilité économique et ceux qui interviennent sur le texte, les « editors » ) ne vont pas choisir eux-mêmes les ouvrages. Ce travail va donc être délégué à des éditeurs (les editors », donc)  auxquels seront fixés des objectifs de rentabilité. Ces éditeurs, salariés et à plein temps seront accompagnés par des directeurs de collection dont la plupart seront des professionnels appartenant à d’autres milieux, capable d’y repérer des auteurs et de monter des projets, et eux-mêmes rémunérés au pourcentage des ventes. Ils seront aidés par des lecteurs externes qui feront des notes de lectures des manuscrits reçus. Ils feront aussi travailler des traducteurs payés en droit d’auteur. Le ou les secrétaires d’édition accompliront tout le travail de coordination entre auteurs, éditeurs puis ensuite les divers intermédiaires qui vont préparer la mise en forme du manuscrit et sa progressive transformation en livre jusqu’au fameux BAT (bon à tirer). Le texte sera presque toujours corrigé par des correcteurs extérieurs. Enfin, le directeur artistique intervient sur l’identité graphique des collections et pour l’édition jeunesse il va trouver les illustrateurs qui mettront en valeur un texte et lui donneront une autre dimension (pour les albums et ouvrages illustrés divers). Avec ces illustrateurs, ces directeurs artistiques mèneront un travail de discussion et d’accouchement comparable à celui qu’accomplit un éditeur ou directeur de collection avec ses auteurs.


Préparer la fabrication

Concevoir, préparer et suivre le processus de fabrication du livre, telle est la seconde fonction de l'éditeur, assurée par le service technique de la maison, ou service de fabrication. La convention collective de l’édition énumère et distingue ainsi des directeurs de fabrication, Chefs de fabrication et technicien de fabrication, toutes personnes qui travaillent en liaison étroite avec les photograveurs et les imprimeurs et transforment le manuscrit finalisé ou plutôt le fichier informatique en un objet commercialisable. Ce service de fabrication s’appuie également sur le service de conception graphique (mise en page et maquette).

Cette fonction de fabrication, technico-artistique, implique de nombreuses tâches.
 
Il y a évidemment relecture du texte, l'auteur ayant pu y laisser des erreurs d'orthographe ou de grammaire. Au manuscrit d'antan qui posait souvent des problèmes ardus de déchiffrement des écritures, a succédé le "tapuscrit", l'écrivain ayant assuré lui-même (ou l'ayant revu s'il en a confié la charge à un tiers) la dactylographie de son texte puis, aujourd'hui, l’étape informatique : c'est un fichier informatique qui est maintenant demandé aux auteurs.

Au service de fabrication revient l'établissement du livre : préparation et calibrage du manuscrit pour en estimer le nombre de pages (ce qui est beaucoup plus facile lorsque le texte est livré sur un fichier informatique), estimation des coûts, relations avec l'imprimeur, suivi de la fabrication, surveillance du planning afin qu'aucun retard ne soit pris, correction des épreuves (dont un jeu est généralement transmis à l'auteur), choix de l’imprimeur et du type d’impression (offset mais aussi impression numérique pour les petits tirages).
 
Une page du manuscrit de Les Travailleurs de la Mer de Victor Hugo.
   
 

 

Le choix du papier et des caractères, la mise en pages, ces éléments sont loin de sembler secondaires, même à des éditeurs connus pour leurs exigences sur le plan littéraire : il s'agit en effet d'aboutir à un objet - le livre - dont la présentation sera en harmonie avec le texte proposé. Et pour un nouvel éditeur, les questions de présentation sont loin d'être négligeables : la présentation élégante des livres édités par Actes Sud s'est révélée un atout important pour cet éditeur, l'un de ceux qui comptent aujourd'hui dans le domaine de la littérature. Il en est de même pour les éditions Gaïa, dont le choix de publier sur un papier de couleur saumon, a été très remarqué. Il ne faut pas surestimer cette valeur esthétique : c’est tout de même l’intérêt du texte qui fait acheter le livre. Néanmoins, pour une certaine édition de poésie ou de textes rares, cet attrait esthétique joue et attire également une clientèle de bibliophiles.

Par ailleurs il existe une normalisation de la présentation : chaque ouvrage s’insère dans la politique d’image que l’éditeur veut donner à ses publications et à ses collections, et il est évident qu’on ne fait pas ensuite du sur-mesure pour chaque titre particulier. La marque d’individualité ne sera alors donnée que par le choix de l’illustration de couverture si celle-ci en comporte, ce qui est le cas systématique des collections de poche, censées être plus populaires.

Il est bien rare que les auteurs soient associés au projet de réalisation matérielle qui transformera leur texte en livre ou au choix de l’illustration d’une couverture (cela existe toutefois dans les petites maisons, mais est impensable dans une grande structure), même si ceux-ci sont nombreux à le regretter. De même, les entreprises d'impression et de façonnage auxquelles sont confiées les tâches de fabrication n'ont à prendre aucune initiative en cette matière et suivent les indications transmises par le service technique de l'éditeur.

Ce service de fabrication n’existe plus forcément dans son intégralité dans les maisons d’édition : certes, il faut toujours disposer de quelqu’un apte à discuter des questions de mise en page, maquette et impression mais il est fréquent que nombre des opérations soit externalisées : maquette et mise en page seront faites par des ateliers graphiques spécialisées, la correction et le relecture par des travailleurs indépendants. Selon l’organisation ou la taille de chaque maison d’édition, le profil des postes liés à ces tâches de fabrication, leur présence ou non au sein même de l’entreprise seront donc différents.

 

 

Quatre collections de littérature chez Gallimard : quatre présentations différentes.


 

 

 

 

 

 

 

Faire connaître le livre

Faire connaître le livre, organiser sa diffusion (les opérations de promotion, de contact auprès des libraires) et sa distribution (les opérations de stockage, de traitement des commandes et de facturation), cette troisième fonction de l'éditeur est, elle aussi, essentielle : on dit volontiers qu'un livre mal diffusé, mal distribué est un livre voué à l'échec ; comment en effet aurait-il des chances de parvenir à son futur lecteur ? Les annonces dans la presse professionnelle, les insertions publicitaires dans la presse générale ou la presse spécialisée, selon la nature de l'œuvre, le travail auprès des critiques pour obtenir un papier ou un commentaire favorable (ou même défavorable, la pire des critiques étant le silence...) ou mieux encore une interview de l'auteur, sa participation à une émission radiophonique ou télévisuelle, tout cela est évidemment important pour donner au livre toutes ses chances.

Mais sans doute l'essentiel réside-t-il dans l'information des libraires : ce sont eux qui, connaissant leur clientèle, sont les médiateurs indispensables, eux qui dans le passé comme aujourd'hui, ont pu et peuvent faire connaître et admettre des œuvres neuves, a priori difficiles et déroutantes. L’élaboration d'un bulletin d'informations sur les nouveautés, avec présentation des nouveaux auteurs et des nouvelles œuvres, celle d'un catalogue général des titres de la maison, régulièrement mis à jour sont évidemment des outils très utiles à la promotion du livre.

 

Hachette, Editis, Gallimard, Flammarion, La Martinière-Le Seuil assurent eux-mêmes la diffusion et la distribution de leur production éditoriale

Les grands de l'édition - Hachette, Editis, Gallimard, Flammarion, La Martinière-Le Seuil - assurent eux-mêmes, à travers des filiales spécialisées, ces opérations de diffusion et de distribution (voir plus loin).  Il n'en est pas de même pour nombre de petites maisons qui n'ont pas les moyens suffisants et sont obligés de les confier, soit à l'un de ces "grands", soit à une maison spécialisée : cette situation est l'un des handicaps majeurs rencontrés par les petites structures, et les conduit souvent - loi de la concentration oblige - au mieux à perdre leur indépendance pour être absorbées par le responsable de leur diffusion-distribution, au pire, lorsque leur taille n’intéresse par un des grands de la diffusion-distribution à être empêché de trouver des moyens de développement et à rester dans des circuits marginaux. On peut craindre notamment que, avec la part croissante des grandes surfaces du livre et des hypermarchés dans la commercialisation du livre, les éditeurs et les collections qui se vouent à la création connaissent des conditions d'existence de plus en plus difficiles.

Cependant, même si la distribution ou la diffusion des livres sont déléguées à des entreprises spécialisées, il n’en demeure pas moins que l’éditeur doit suivre très étroitement les ventes de ces ouvrages (il reçoit des distributeurs des relevés détaillés de celles-ci) et qu’il garde la maîtrise de sa publicité (c’est donc à lui de négocier avec les entreprises de publicité) et du travail promotionnel avec la presse. Ce dernier aspect est pris en charge pour une maison ayant une certaine importance, par des attachés de presse qui bâtissent des dossiers de presse, entretiennent des contacts avec les critiques littéraires de la presse écrite ou audiovisuelle, leur adressent les ouvrages parus et cherchent à créer ou à participer à tous les événements susceptibles d’obtenir une attention et des ventes correspondantes aux ouvrages publiés : séances de signature dans des librairies, participations à des salons ou foires du livre, etc.

 

 

 

 

A visiter : les sites de :

Etonnants voyageurs

et

Salon du livre de jeunesse de Montreuil

 

 

Il est en effet important pour les éditeurs de participer aux grandes rencontres annuelles où l'on retrouve auteurs, libraires, bibliothécaires et grand public. Or, on constate la multiplication et le succès croissant des foires et salons -le Salon du livre de Paris bien sûr- mais aussi ceux de Montreuil pour le livre de Jeunesse, la Foire du livre de Brive-la-Gaillarde où l’Académie Goncourt annonce sa dernière pré-sélection, de Concarneau pour le livre maritime, celui de Metz pour la science-fiction ou enfin les Étonnants voyageurs de Saint Malo, consacré à la littérature de voyage... Il s’agit donc de choisir parmi cet ensemble de manifestations celles auxquelles il faut se rendre, et quels sont les auteurs et les livres qu’on mettra en avant.

La participation aux foires internationales, surtout celle de Francfort où se retrouvent régulièrement de nombreux représentants du métier de tous les pays est aussi très importante : il s'agit de négocier, non seulement les achats de droits (comme on l'a vu ci-dessus), mais aussi les ventes de droits des auteurs de son propre catalogue. Il peut d'ailleurs arriver que certains auteurs obtiennent à l’étranger un succès plus important qu’à l'intérieur de l’hexagone.

L'éditeur a donc un double visage. C'est un médiateur intellectuel et culturel, mais c'est aussi un chef d'entreprise qui doit être très attentif aux questions de gestion et de rentabilité. De là la possibilité de deux politiques éditoriales tout à fait opposées : celle de l'éditeur artisan qui n'emploie qu'un personnel très réduit, publie à un rythme très faible, mais uniquement des œuvres qui lui tiennent à cœur, souvent difficiles, qui ne rencontreront leur public qu'à posteriori; celle de l'éditeur-manager, qui grâce à des opérations de marketing, ne propose au public que des "produits» correspondant exactement à sa demande, recherche des "coups”, à grand renfort de publicité. Il va de soi que ceux qui réussissent savent équilibrer leurs efforts dans les deux directions : la constitution d'un fonds d'œuvres de qualité dont l'exploitation se révèlera source de profits au bout d'un certain nombre d'années et la publication de livres qui trouveront immédiatement leur public, mais n'auront qu'un succès éphémère.

Plus la maison d’édition est importante, plus le travail est réparti entre diverses personnes et divers métiers. Ce qui entraîne aussi l’apparition de postes de coordination et de contrôles. Aux salaires s’ajouteront  les frais de location ou/et d’entretiens des locaux et tout un ensemble de frais matériels. Cette croissance occasionne des frais généraux plus élevés. C’est évidemment pourquoi un livre à petit tirage peut être rentable pour une maison artisanale ou petite car les frais y sont minimes et les personnes à rétribuer peu exigeantes. Au contraire, cet ouvrage ne présentera aucun intérêt financier, du moins sur le court terme, dans une grande entreprise.

 

   
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